De la même façon qu’il est possible d’avoir un.e collègue accro à l’alcool ou aux écrans, il est possible d’en avoir un.e qui ne sache pas réfréner ses envies de voler ! Surtout lorsque cela lui procure un sentiment de supériorité ou lui permet de se venger secrètement d’un.e collègue.

Le témoignage de Martin
Dans un témoignage, Martin, un jeune agent administratif de 25 ans, confesse : « Je ne peux pas m’empêcher de voler, même au travail. J’ai même déjà volé des collègues deux ou trois fois. Ce sont des pulsions difficiles à contrôler. »
Sa confession révèle un trouble sous-jacent : la cleptomanie, qui le tourmente depuis plus de dix ans. La cleptomanie, un trouble psychologique, se caractérise par des pulsions irrépressibles de voler, souvent sans motif financier.
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Le psychiatre Jean-Christophe Seznec explique : « C’est un symptôme qui résulte de plusieurs pathologies comme des troubles du comportement alimentaire, bipolaires, schizophréniques ou encore un état dépressif, avec un côté addictif très fort. »
Les personnes cleptomanes ne volent pas pour s’enrichir, mais pour soulager une pulsion, ressentant un soulagement, voire une gratification lorsqu’elles succombent à cette envie.
Une étude américaine estime que la prévalence de la cleptomanie est d’environ 6 cas pour 1 000 personnes aux États-Unis, bien que des données officielles en France et en Afrique manquent.
Les personnes atteintes de cleptomanie volent souvent des objets sans valeur ni importance, tels que des gobelets, des dosettes de café ou des clés, alimentant ainsi un cycle de stress, de frustration et d’anxiété.

Témoignage d’Astrid
Dans certains cas, le vol est utilisé comme un moyen d’évacuer le stress ou de punir autrui. Astrid, une cheffe de projet de 31 ans, relate l’histoire d’un collaborateur cleptomane recruté sans que sa condition ne soit connue.
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Pour lui, voler était un moyen de s’affirmer et de se venger des collègues désagréables, résultant d’un traumatisme passé et d’un sentiment de pouvoir retrouvé.
La stigmatisation au travail est un défi supplémentaire pour les personnes atteintes de cleptomanie. Une enquête révèle qu’un travailleur sur quatre a subi des propos ou comportements stigmatisants au travail, souvent en raison d’un handicap ou de problèmes de santé.

Comment soutenir un salarié souffrant de cleptomanie ? Un patron bienveillant peut suggérer une intervention du médecin du travail, tandis que les collègues peuvent encourager la personne à se confier à ses proches et à envisager un traitement thérapeutique.
Avec le bon soutien, il est possible de contrôler les pulsions de vol et d’aider les personnes cleptomanes à retrouver un équilibre émotionnel au travail.